Conseil en Investissement Solaire

Lettre trimestrielle
ANALYSE TRIMESTRIELLE 4ème trimestre 2008
Repenser les allocations d’actifs à la lumière de la crise financière et des besoins en infrastructures
En dépit de la crise financière actuelle et de ses conséquences économiques, les besoins en énergie, du fait de la poursuite de la montée en puissance de pays comme la Chine, l’Inde, les pays du Golfe ou d’une grande partie de l’Amérique du Sud vont rester très soutenus. Ainsi, nombre d’experts prévoient un doublement mondial des capacités de production d’énergie nécessaires pour satisfaire les besoins à horizon 2030; ces estimations n’incluant pas le renouvellement progressif des anciennes installations.
Parallèlement, la lutte contre le réchauffement climatique, l’arrivée à maturité probable (si ce n’est déjà le cas) des réserves pétrolières incitent à un développement accéléré des énergies de substitution et plus particulièrement des énergies renouvelables comme l’éolien, l’hydraulique, la biomasse, l’énergie marémotrice ou le solaire.
Ces nouvelles approches ont bien évidemment un coût non négligeable. Par exemple, pour obtenir un Mégawatt* en utilisant une turbine éolienne, un investissement de l’ordre de 1,5 à 2 millions Euros est nécessaire. Pour le solaire, le coût est encore plus élevé : entre 4,5 et 5 millions Euros. Conscients de ces coûts et de la nécessité de développer ces filières, nombre de gouvernements les soutiennent par la mise en place de subventions. Par exemple, pour le solaire, la France a mis en place un système d’incitation auprès des particuliers et des entreprises.
La part, encore très faible, du solaire dans la production mondiale d’énergie, appelle ainsi des capacités d’investissement très importantes qui nécessiteront des capitaux en proportion.
Du côté des investisseurs professionnels, un secteur suscite un intérêt grandissant: les fonds infrastructures. Ce segment est passé en quelques années d’une niche au sein de l’industrie du Private Equity à une classe d’actifs à part entière. Ainsi, les capitaux alloués à ce nouveau type de fonds sont passés de 3,7 milliards $ en 2004 à 35 milliards $ en 2007 selon le centre de recherche Pregin. Le contexte, particulièrement difficile de 2008, n’a pas ralenti le mouvement, les nouvelles souscriptions dépassant les 14 milliards $. En France, Axa, à travers son entité Axa Private Equity a déjà levé des montants conséquents en la matière.
Les fonds de Private Equity Infrastructures offrent une grande visibilité et sont très appréciés par les investisseurs dans le contexte actuel, avec en contrepartie un horizon de temps de détention plus long, 10 à 12 ans voir plus dans certains cas.
Traditionnellement, ces fonds sont utilisés dans des projets comme les grands travaux (voies ferrées, autoroutes, viaducs,…) mais peuvent l’être également pour les énergies renouvelables dont les caractéristiques sont très proches : horizon de temps, rentabilité,…avec de surcroît une meilleure visibilité et donc des risques faibles quant aux résultats attendus, grâce aux subventions accordées par certains Etats, à l’image de l’éolien ou du solaire.
En raison du manque de liquidité de ces fonds et de multiples contraintes réglementaires, nombre d’investisseurs comme les banques ou les compagnies d’assurances n’investissent pas dans ces fonds à l’heure actuelle, sauf à travers des biais fiscaux en direction des particuliers. En effet, la clientèle institutionnelle, pour ce type d’investissement, est plus à trouver du côté des caisses de retraite, des fonds de pension, des family office ou des fonds souverains qui ont un horizon de temps plus long.
Pourtant, la crise actuelle et ses conséquences (un cadre réglementaire renforcé et la remise en cause des allocations d’actifs traditionnelles) vont pousser les investisseurs à s’intéresser de plus près à ce type de véhicule qui accorde à la fois une rentabilité régulière et un nouvel axe de diversification des actifs.

En effet, cette crise va inévitablement laisser des traces. Une fois l’aversion pour le risque revenue à des niveaux plus modérés, et les marchés financiers reprenant une meilleure allure, les liquidités, toujours abondantes, ne seront pas réinvesties dans les mêmes proportions sur les classes d’actifs classiques comme les actions ou les obligations d’entreprises, les matières premières et les marchés émergents. Chacune de ces classes ayant démontré un niveau de risque plus important qu’anticipé par les modèles.
On peut donc s’attendre, outre des investissements plus importants en obligations d’Etat au prix d’une rentabilité plus faible et d’une qualité moindre en raison de l’augmentation des déficits publics pour soutenir le système économique, à un déplacement d’une partie de ces liquidités vers les fonds de Private Equity et plus particulièrement les fonds d’Infrastructures .
Ces fonds, par construction, évitant le risque de cotation , permettront de satisfaire à la fois les investisseurs à la recherche d’une plus grande sécurité et les besoins à venir en terme de financement pour les énergies renouvelables.



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